Des données connectées à l’Asset Intelligence : 5 enseignements de Thinkproject Live Paris 2026

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Les retours d’expérience de LISEA et du Grand Paris Express, croisés avec les regards d’experts du secteur, apportent des pistes concrètes pour réduire les délais de validation, les lacunes documentaires lors du transfert vers l’exploitation et le suivi manuel sur chantier.

Un lot de travaux peut être prêt à démarrer, mais rester bloqué par un document manquant ou une validation en attente. Pour les équipes projet et d’exploitation, il faut savoir quelle information est applicable et qui peut décider.

Un ouvrage ou un équipement est associé à des plans, des documents validés, des inspections et un historique de maintenance. L’Asset Intelligence consiste à relier et à exploiter ces informations pour mieux comprendre l’actif et éclairer les décisions tout au long de son cycle de vie.

Concrètement, il peut s’agir de vérifier quel document est applicable, de comprendre les conséquences d’une modification ou de s’assurer que les informations nécessaires à l’exploitation sont complètes.

Lors de Thinkproject Live Paris, le 15 octobre 2026, les retours d’expérience clients, les démonstrations et les échanges entre professionnels ont illustré cette approche à partir de situations concrètes.

Cinq priorités se dégagent :

  • définir les informations qui doivent rester accessibles après la livraison du projet, pour le transfert vers l’exploitant-mainteneur et l’exploitation ;
  • relier documents, maquettes BIM, validations et décisions contractuelles au sein des workflows ;
  • établir des responsabilités claires et des processus de décision traçables ;
  • explorer des cas d’usage concrets de l’IA, fondés sur des données fiables et une supervision humaine ;
  • relier les inspections et les observations sur chantier à des actions suivies, avec des responsables clairement identifiés.

1. Définir les exigences d’information avant qu’elles ne bloquent les travaux

Avant la revue d’un lot de travaux, un transfert vers l’exploitation ou une intervention de maintenance, les équipes doivent s’accorder sur les critères de conformité des informations à fournir. Découvrir à ce stade un attribut manquant ou un statut de validation incertain crée un point à résoudre avant de pouvoir accepter les livrables ou engager les travaux. Pour une entreprise de construction, cela peut conditionner le démarrage ; pour un maître d’ouvrage, la réception. Il faut donc définir les exigences et le traitement des exceptions avant le jalon concerné.

LISEA illustre cette exigence. Sa présentation sur l’exploitation de la LGV Sud Europe Atlantique montrait comment un scan de QR code permet de vérifier qu’un document correspond au dernier indice validé et applicable. Un nouvel indice peut encore être en cours de validation. Avec une concession qui court jusqu’en 2061, les équipes d’exploitation ont besoin de conserver un statut documentaire fiable et son contexte pendant plusieurs décennies, afin de préserver la connaissance de l’actif bien au-delà de sa construction et de sa mise en service..

Lors de son échange avec Maxime Laugier, Chief Revenue Officer de Thinkproject, Denis Pasquet s’est appuyé sur son expérience de la construction chez COSEA, puis de l’exploitation chez LISEA. L’enseignement concerne aussi la phase de réalisation : les maîtres d’ouvrage doivent définir les exigences de réception en amont, et les équipes d’ingénierie comme les entreprises de construction doivent en disposer lorsqu’elles préparent les livrables.

Les critères de choix de LISEA comprenaient également la facilité d’adoption, la sécurité, la pérennité et des workflows configurables et évolutifs. Ces critères sont utiles pour évaluer comment préserver une information exploitable au fil des changements d’équipes et de responsabilités.

À mettre en pratique : choisissez une prochaine validation ou un transfert vers l’exploitation et convenez des documents, attributs et statuts nécessaires à l’acceptation des livrables.

2. Conserver les preuves associées à un point technique jusqu’à la décision

Lorsqu’un point technique passe de l’ingénierie à une analyse commerciale et contractuelle, l’équipe qui prend le relais a besoin des preuves associées, d’un responsable identifié et d’une vision des conséquences possibles. Reconstituer ce contexte représente un travail supplémentaire pour les personnes qui doivent décider de la suite.

Dans une démonstration appliquée à un aéroport, Patrick Albertini et Louis Emmanuel Badga ont suivi une même séquence, mise en contexte par Maxime Laugier : un conflit détecté dans une maquette BIM est devenu un point à traiter par l’ingénierie, puis un événement contractuel assorti d’éléments sur les coûts et les délais. Cet exemple illustre l’approche de Thinkproject pour relier la coordination des maquettes aux workflows d’ingénierie et de gestion contractuelle.

La Société des Grands Projets (SGP), maître d’ouvrage public du Grand Paris Express, apporte un éclairage client sur la gouvernance nécessaire entre les organisations. Lors de l’événement, Jérémie Rothman a fait état de 3,7 millions de documents et de plus de 5 000 utilisateurs actifs dans l’environnement de documentation technique TPPLM, qui associe gestion documentaire, processus automatiques de validation et configuration des équipements pour assurer la traçabilité des informations jusqu’à la constitution du dossier des ouvrages exécutés (DOE) et au transfert vers l’exploitant-mainteneur.

Dans ces deux exemples, les responsabilités, les droits d’accès, les validations et la traçabilité des preuves sont essentiels. Pour une équipe qui évalue sa gestion de l’information projet, un test utile consiste à vérifier qu’un point technique conserve ce contexte tout au long de son propre processus de revue et de décision.

À mettre en pratique : choisissez un point technique et vérifiez que sa fiche, son responsable et les preuves associées restent liés pendant la revue d’ingénierie, puis jusqu’à la validation ou à la décision contractuelle suivante.

3. Clarifier les responsabilités de décision entre les organisations

Pour chaque point en suspens, il faut désigner un responsable habilité à décider et s’accorder sur les preuves nécessaires. Les responsables de projet peuvent rendre cette responsabilité visible, au même titre que les coûts, les délais et la qualité, puis examiner les situations où la décision tarde.

La table ronde animée par Patricia Rio, de Thinkproject, a examiné les conditions organisationnelles nécessaires. Claire Laurent, du GIFEN, le Groupement des Industriels Français de l’Énergie Nucléaire, a insisté sur le langage commun, les règles d’échange et les objectifs partagés. Guillaume Montandon, d’Egis, a expliqué pourquoi l’information doit être structurée en fonction de l’usage de l’équipe qui la reçoit.

Galdric Porta, d’Accenture, a relié les standards et les dispositions contractuelles aux décisions quotidiennes, en soulignant l’importance de l’anticipation et de l’organisation des données du programme dès le départ. Ces contributions invitent à convenir des modalités d’échange d’information et de prise de décision entre les organisations dès la mise en place du programme.

À partir d’un projet industriel, Wilson Sedano Filho, de Drees & Sommer, a proposé trois mesures concrètes : le délai de prise de décision, des responsabilités clairement définies pour chaque point ouvert et le temps de latence décisionnelle, c’est-à-dire le délai qui aurait pu être évité. Suivre ces mesures peut aider l’équipe projet à repérer les blocages de validation et à établir une situation de référence pour progresser.

À mettre en pratique : choisissez une validation récurrente, désignez le responsable de la décision et mesurez le délai entre l’identification du point à traiter et sa résolution.

4. Évaluer l’IA sur une tâche précise et les contrôles associés

Pour une équipe qui évalue l’IA, la première décision concerne la tâche à laquelle elle doit contribuer. Retrouver un document validé, modifier un dossier contractuel ou coordonner plusieurs étapes de revue n’exige pas les mêmes droits, validations ni critères de réussite.

Dans sa conférence consacrée aux agents et aux systèmes physiques, le journaliste tech Anthony Morel a posé la question plus large de la délégation : à quelles informations un système peut accéder, quelles actions il peut effectuer et où demeure la responsabilité humaine.

Olivier Colinet, Chief Product & Technology Officer de Thinkproject, a appliqué cette réflexion aux données des projets et des actifs à travers trois niveaux : rechercher et comprendre, agir sous contrôle, puis orchestrer les processus entre les applications. Cette progression illustre comment des données fiables et gouvernées peuvent devenir le socle d’une assistance intelligente à la décision, puis de processus métier plus automatisés. Un exemple d’assistant contractuel demandait une validation avant toute modification, illustrant la nécessité d’intégrer les contrôles à la tâche métier.

Pour accompagner l’adoption, le Chief Product & Technology Officer de Thinkproject a recommandé de commencer par les capacités d’IA adaptées aux besoins, de suivre l’usage et l’adoption, puis de construire des processus plus spécifiques. Jérémie Rothman a également évoqué des pistes d’usage pour la SGP, notamment le contrôle de la codification des équipements et la préparation des informations en vue du transfert technique. Ces pistes étaient encore en cours de formalisation et ne décrivaient pas le dispositif actuellement déployé à la SGP.

Avant de retenir un cas d’usage, identifiez les systèmes qui détiennent les documents sources, les responsables des droits d’accès et la manière de vérifier les résultats. L’évaluation doit permettre de vérifier que les réponses s’appuient sur les bonnes sources, que les actions respectent les droits de l’utilisateur et que les exceptions restent visibles pour le responsable.

À mettre en pratique : choisissez une tâche fréquente de traitement de l’information et comparez le temps nécessaire, la fiabilité des réponses et le traitement des validations avec le processus actuel.

5. Clôturer les actions sur chantier avec des preuves et mesurer l’effort

Lorsqu’une inspection comporte des photographies, mais qu’aucun responsable ni statut de clôture n’est clairement défini, les équipes sur chantier et au bureau peuvent passer du temps à relancer. La fiche doit relier la localisation, les preuves, les responsabilités et l’action suivante, jusqu’à la revue et à la clôture.

Les supports de l’atelier « Le Field Management en pratique », avec Frédéric Abitan et Jean-Vincent Remy, décrivent cette séquence. FIELD MANAGER associe des formulaires configurables et l’attribution des responsabilités à la saisie sur mobile et à la revue au bureau. Les supports recommandent de commencer par un processus de chantier prioritaire, puis d’étendre son utilisation au fil des besoins.

Un pilote ciblé permet aux responsables chantier, qualité et projet de tester le processus avant d’envisager un déploiement plus large. Mesurez les délais de clôture, les preuves manquantes et les heures consacrées aux relances avant et pendant le pilote. Si vous pouvez mesurer les heures de travail économisées, appliquez le coût horaire de votre organisation pour en évaluer la valeur. Appuyez la décision d’un déploiement plus large sur les résultats mesurés dans vos propres processus.

À mettre en pratique : lancez un pilote sur un processus d’inspection ou de gestion des non-conformités, convenez des preuves nécessaires à la clôture, puis comparez les délais de traitement et le suivi manuel avec la situation de référence.

Échangeons sur l’un de vos processus prioritaires

Dans sa synthèse de clôture, Maxime Laugier est revenu sur la continuité de l’information entre des organisations aux besoins différents. Pour votre équipe, la question est d’identifier où cette continuité est nécessaire avant la prochaine revue de lot, une étape de réception ou une intervention de maintenance.

C’est toute l’ambition de la plateforme Thinkproject : connecter les informations, les équipes et les processus pour préserver la valeur des données, de la construction à l’exploitation des actifs.

Choisissez un processus de validation, de transfert vers l’exploitation ou de suivi de chantier, et apportez un exemple d’information ou de responsabilité à clarifier. Un échange sur l’approche connectée de Thinkproject peut porter sur les documents, les rôles et les contrôles nécessaires à chaque étape, ainsi que sur les critères que vous utiliseriez pour évaluer une amélioration.

Échangez avec nos experts sur vos enjeux de validation documentaire, de suivi de chantier ou de transfert vers l’exploitation.

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